ECRITURES

PETITE SOEUR

Je t'ai rencontré au hasard d'un train de banlieue,

Souviens-toi, tu râlais contre ce directeur

Qui, le matin même venait avec froideur

Par des mots méchants, durs et dédaigneux

De te refuser un boulot pour ta peau noire

Préférant, d'une autre la blancheur illusoire.

 

Tu paraissais éprouvée, de tes yeux  des larmes

Coulaient et tombaient en perles dorées

Et tes joues, par le chagrin, étaient toutes mouillées

Il est des jours ou l'on rêve de prendre les armes

De tout casser, tout foutre en l'air, de tirer dans le tas

Rendre coup pour coup et tant pis pour le dégât.

 

« Laisse tomber petite sœur, quelle que soit notre couleur

Tous ensembles, un jour, on mettra aux pas

Tous ces cons de patrons, d'énarques et d'H.E.C. »

 

Je me suis placé en face de toi et je t'ai souri,

Derrière les larmes un sourire illumina ton visage

Comme un soleil qui fait briller le paysage

Après la pluie vient l'arc-en-ciel et l'éclaircie

Je t'ai demandé « pourquoi toutes ces pleurs »

Tu m'a répondu « c'est la faute à ma couleur ».

 

Petite sœur que l'on soit noir ou blanc

On est tous identiques sur cette terre

On naît, on chante, on pleure, on désespère

Puis on sourit à la caresse du vent

Au frôlement de l'herbe sur nos chevilles

Et l'on s'émerveille aux premières jonquilles.

 

« Laisse tomber petite sœur, quelle que soit notre couleur

Tous ensembles, un jour, on les mettra aux pas

Tous ces cons de patrons, d'énarques et d'H.E.C. »

 

Je ne sais pas ce que tu es devenue petite sœur

T'a suivi ton chemin, j'ai suivi ma route

Pleine d'embûches, de larmes, de sourires et de doutes

Je garde au fond de ma mémoire l'éclat de ta couleur

Qui, se mélangeant à la mienne, ressemblait au café-crème

Que je bois au matin lorsque sonne l'heure blême.

 

Maintenant quand je monte dans un train de banlieue

Je regarde s'il n'y a pas une fille en pleur

Avec des larmes sur les joues comme la rosée sur les fleurs

Et le désespoir reflétant sur le miroir de ses yeux

Je veux bien des petites sœurs mais pas des malheureuses

Car la couleur de leur peau n'est pas une maladie honteuse.

 

« Laisse tomber petite sœur, quelle que soit notre couleur

Tous ensembles, un jour, on les mettra aux pas

Tous ces cons de patrons, d'énarques et d'H.E.C. »

 

 

 

 



Article ajouté le 2008-06-13 , consulté 49 fois

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